Voilà bien des années maintenant que je suis rentrée du Népal et que je me suis installée maraîchère dans les Pyrénées, où j’officie depuis 7 ans.
De ce voyage à Rapcha, j’ai plein de souvenirs, quelques uns agricoles, mais plus encore des paysages et des marches d’un village à un autre, et des gens qui m’ont accueillie et cuisiné des momos. Ah! les momos de Sumitra….
Je me rapelle très bien notamment d’une journée « plantation patate », où nous sommes partis avec la famille tôt le matin pour rejoindre les parcelles plus en altitude où ils avaient deux-trois tentes, un buffle, deux gamelles et des terrasses où planter les dites patates. On avait porté pas mal de matériel sur notre dos jusque là haut (surtout eux). On avait eu chaud, mangé beaucoup de patates à l’eau, bu du raki, et planté des quantités de patates après le passage du buffle.
Je me rappelle avoir été fort impressionnée par ce petit système très résilient dans la forme mais très impliquant dans le corps à tout niveaux.
Et de constater que tout cela était normal, par nécessité et par culture. Peu de choses, beaucoup d’efforts, un grand résultat.
Je me rapelle aussi de la journée « cochon ».
Il était apparemment bien assez gras, c’était son heure. J’avais eu peur d’un bain de sang, je m’étais préparée à être choquée, mais je voulais assister à tout le processus.
Le cochon n’a pas fait un bruit, il est tombé mort sur le côté, la bouche encore pleine de maïs, une flèche entre les côtes. Puis tout le pelage, la découpe de la couenne, le tri des organes un à un et la découpe de la viande pour le partage. Il y a eu une cérémonie ensuite, avec une brochette de certains morceaux du cochon bien choisis, tout un rituel bien ordonné dont je n’ai compris aucun mot.
J’ai trouvé beaucoup de beauté dans tout le processus, le soin apporté aux petites choses, la convivialité et la notion fondamentale que la nourriture c’est la vie !
( une bonne partie du village était là). Les morceaux de viande ont séché au dessus du four et on en a mangé tout le reste de mon séjour.
Merci cochon. Il y a en eu plein d’autres des moments comme ça.
Dans mon jardin des Pyrénées, je fais plutôt du chou et des carottes, mais l’environnement paysager montagneux, les nombreuses terrasses où je cultive et l’accès difficile jusqu’à mon jardin au travers des prairies, des bois et de la pente me rappellent quelques peu le village.
Je porte aussi beaucoup sur mon dos (il n’y a pas de route pour aller sur mon jardin), mais mon attelage est plus confortable que leur doko à sangle frontale (je me rappelle aussi très bien de mes 4 jours de courbatures cervicales).
Là où j’ai choisi de cultiver, je suis forcée de trouver des moyens de rendre l’effort moindre et d’optimiser les déplacements, de faire le maximum en circuit fermé en utilisant la matière organique présente sur le site. Et de cultiver le goût de l’effort.
Ce voyage à été très inspirant. Ils et elles m’ont donné bien plus que j’ai eu la sensation de leurs rendre. J’ai une grande gratitude pour tous ces gens qui m’ont accueillie et pour l’association qui m’a permis ce voyage.
Merci !
J’habite donc à Banios, Ferme de la Coume, tout proche de Bagnères-de-Bigorre (65), et si l’envie vous prend, je serai ravie de vous accueillir pour vous présenter mon jardin penché, alors n’hésitez pas !
Mon tel : 0678269341
Vive la montagne Marion
Compte rendu de son voyage d’étude. Compte-rendu >




